Muss denn immer alles auf Englisch sein wir beschäftigen uns doch mit Übersetzen?

 

Gyde Hansen (CBS)

 

Selbst wenn Kollegen ein relativ hohes Niveau des erstrebten „NiceEnglish“ erworben haben – in internationalen Zusammenhängen wird dies vorausgesetzt – so erleben sie doch immer wieder Überraschungen, und es stellen sich einige Fragen:

Im Hinblick auf das Mysterium des „NiceEnglish“ erlebt man so seine Überraschungen. Auch wenn mindestens drei Muttersprachler des Englischen einen Forschungsartikel gründlich bearbeitet haben und auch wenn er schon in renommierten Zeitschriften erschienen ist, kommt es durchaus vor, dass er der englischen Sprache wegen kritisiert wird. Die Kritik kommt nicht von Kollegen, die Muttersprachler des Englischen sind, sondern von Kollegen, die Englisch studiert haben. Es stellt sich oft die Frage nach den Kriterien, denn sie kritisieren ja nicht nur den Autor des Artikels sondern vor allem diejenigen, die sich freundlicherweise dazu bereit erklärt haben, den Artikel durchzulesen. Nach welchen Maßstäben und nach wessen Maßstäben werden englische Artikel sprachlich beurteilt? Natürlich kann man Texte ständig neu formulieren und sie dadurch auch verbessern. Das gilt für Texte in allen Sprachen. Was das Englische angeht, kommt es mir aber so langsam so vor, als ob es nie „nice“ genug werden kann?

Zur zweiten Frage, muss man feststellen, dass es auf Konferenzen unterschiedlich ist, ob das Englische erwünscht ist. Jedenfalls auf  Konferenzen in Deutschland kann man alles erleben, sowohl dass Kollegen erzürnt sind, wenn ein deutschsprachiger Kollege sich erlaubt, Englisch zu sprechen, als auch, dass die Zuhörer den Raum sofort verlassen, wenn ein Vortrag auf Deutsch begonnen wird. Will man sicher sein, dass man nicht plötzlich allein im Raum steht, empfiehlt es sich, den Vortrag gleich in beiden Sprachen parat zu halten, so dass man zur Not blitzschnell umschalten kann.

Die dritte Frage muss man einerseits mit ja beantworten, wenn man bedenkt, dass weltweit viel mehr Kollegen einen Zugang zu Artikeln und Beiträgen auf Englisch haben.

Bedeutet das aber, dass alle Forschung, die nur auf Deutsch, Französisch, Spanisch, Portugiesisch, Japanisch, Russisch usw. vorliegt, gleichgültig ist und von vornherein abgeschrieben werden kann? Dies ist ein Problem der Übersetzungswissenschaft und weil wir immer vom Übersetzen sprechen, ein absurdes Problem. Wir schaffen uns selber ab, weil wir zulassen, dass relevante Forschung aufgrund von fehlender sprachlicher Kompetenz oder Übersetzungskompetenz von Forschern abgewählt und vergessen werden kann.

Auf dieser EST-Website steht, dass Beiträge in allen Sprachen willkommen sind und wir bekommen auch ab und zu Anfragen von Kollegen, die uns bitten, häufiger Beiträge oder Besprechungen in anderen Sprachen zu bringen. Vielen Forschern, z.B. in der Türkei, ist Deutsch geläufiger als Englisch, aber so langsam hört man nichts mehr von ihnen. Machen wir mit unserem stillen Akzept des massiven Gebrauchs des Englischen nicht so langsam viele Forscher mundtot? Sie verlieren den Mut und die Übersetzungswissenschaft verliert vielleicht ihren Beitrag? Bisher haben wir nur ganz wenige Beiträge und Besprechungen in anderen Sprachen als Englisch erhalten. Hiermit möchten wir dazu auffordern, uns auch Beiträge in anderen Sprachen zu schicken. Vielleicht könnten wir einige der Beiträge, die ja relativ kurz sind, sogar für einander übersetzen?


Tout doit-il donc toujours être écrit en anglais ? Après tout, nous traitons de traduction…

 

Gyde Hansen (CBS)

 

(Translated by D. Gile)

 

Même quand on atteint un niveau relativement bon dans ce « nice English » tant convoité qui est un préalable dans des contextes internationaux, on se heurte toujours à des surprises qui nous interpellent et nous amènent à nous interroger :

- Qu’est vraiment que le « nice English » ? Comment le reconnaît-on et comment s’assure-t-on de l’avoir véritablement acquis ?

-  L’anglais est-il toujours lingua grata ?

-  L’utilisation massive de l’anglais rend-elle la recherche dans l’ensemble plus compréhensible, meilleure, plus riche ?

     S’agissant du mystère du « nice English », il se passe des choses surprenantes. Même quand trois locuteurs natifs de l’anglais ont travaillé à fond sur un article et quand il a été publié dans une revue renommée, il arrive qu’il soit critiqué pour son anglais, non pas par des locuteurs natifs, mais par ceux pour qui il s’agit d’une langue acquise. Se pose alors souvent la question de savoir sur quels critères repose ce jugement. Après tout, les critiques remettent en cause non seulement l’auteur de l’article, mais aussi et surtout les collègues qui ont eu l’amabilité de le relire. Selon quelles normes les articles en anglais sont-ils jugés ? Qui les choisit ? Certes, un texte peut toujours être reformulé et amélioré, et ce dans toute langue. Je finis pourtant par me demander si, en ce qui concerne la qualité de l’anglais, on est condamné à ne jamais parvenir à un niveau suffisamment « nice ».

       S’agissant de la deuxième question, force est de constater que la réponse varie selon les conférences. En Allemagne, en tout cas, on voit de tout. Il arrive que les collègues s’emportent lorsqu’un intervenant germanophone se permet de prendre la parole en anglais. Il arrive aussi  que les auditeurs quittent la salle dès qu’une intervention démarre en allemand. Si l’on veut s’assurer de ne pas se retrouver en moins de temps qu’il ne faut pour le dire dans une salle vide, il est préférable de préparer son exposé dans les deux langues afin de pouvoir en cas d’urgence appuyer sur le bon bouton linguistique.

      La réponse à la troisième question semble être affirmative si l’on considère qu’au niveau mondial, les collègues traductologues capables de lire des textes en anglais sont bien plus nombreux que des collègues ayant accès à d’autres langues.

      Peut-on en conclure que tout travail de recherche ayant fait l’objet de publications en allemand, en français, en espagnol, en portugais, en japonais, en russe etc. est par avance condamné à passer inaperçu ? Dans la traductologie, où il est en permanence question de traduction, ce problème est absurde. C’est se saborder que d’accepter que soient envoyés aux oubliettes des travaux pertinents au motif d’un manque de connaissances linguistiques ou de compétence traductionnelle.

      Il est indiqué sur ce site de la EST que les apports dans toutes les langues sont les bienvenus. De temps en temps, on nous demande aussi d’y publier davantage de textes dans des langues autres que l’anglais. Pour de nombreux chercheurs, par exemple en Turquie, l’allemand est plus accessible que l’anglais, mais petit à petit, leurs voix s’éteignent. En acceptant passivement l’usage massif de l’anglais, ne participons-nous pas nous-mêmes à ce processus qui les rend muets en leur faisant perdre courage et qui prive la traductologie de leur apport ? Jusqu’à présent, les textes qui nous ont été proposés dans des langues autres que l’anglais ont été très peu nombreux. Nous invitons les collègues à en envoyer davantage. Peut-être pourrions-nous même en traduire certains les uns pour les autres, dans la mesure où ils sont courts ?

 

Comment by Daniel Gile

 

In her text, Gyde Hansen laments the deleterious and absurd effects of the massive use of English in TS literature. She calls for more contributions in other languages and suggests that at least as far as texts published in this Research Issues page, some of them could be translated, presumably so as to offer bilingual versions. I wonder whether such translation exercises could not be offered to Translation students, and the bi- or multilingual products could then be sent to EST for publication.